Le mariage de Figaro


Portrait de Beaumarchais, Jean-Marc Nattier

Voici une fiche de lecture sur Le mariage de Figaro, réalisée en classe de 1ère. Note: 20/20


Le mariage de Figaro, sous-titré La folle journée, est une comédie en 5 actes écrite par Beaumarchais en 1778 qui fait partie de la trilogie de la famille d’Almaviva. D’abord censurée, la pièce est jouée pour la première fois en 1784 et connut un immense succès. Mozart en fit un opéra, intitulé Les noces de Figaro en 1786.

1. Frise chronologique :

2. Temporalité et localité:

Le mariage de Figaro respecte les unités de temps et de lieu. En effet, l’action se situe dans un lieu unique : « le château d’Aguas Frescas à trois lieues de Séville » qui comporte de nombreuses pièces telles que la chambre de Suzanne et Figaro (Acte I), celle du comte et de la comtesse (Acte II), la salle d’audience (acte III) et la salle de fête (acte IV). La fin de la pièce (Acte V) a lieu dans « la salle des marronniers » dans le parc.

La pièce se déroule durant une seule journée (« La folle journée ») mais elle comporte beaucoup plus d’évènements qu’une seule journée ne pourrait en contenir. Par exemple, la pièce ne comporte pas moins de 94 scènes, ce qui représente un très grand nombre de péripéties.


3. Les personnages :

Il n’existe pas moins de 16 personnages qui interviennent dans cette pièce. Nous allons commencer par présenter les personnages qui figurent à la fois dans Le barbier de Séville et dans Le mariage de Figaro, pour ensuite faire la présentation des nouveaux personnages.


Figaro est le héros de cette pièce, et lui donne d’ailleurs son nom. Alors que dans Le barbier de Séville il joue le rôle de barbier et d’écrivain heureux, il est dans Le mariage de Figaro le valet de chambre du comte Almaviva (à qui il s’oppose) et concierge du château d’Aguas Frescas. C’est le fiancé de Suzanne, qu’il veut épouser. Dans l’Acte III, on apprend qu’il est le fils de Marceline et de Bartholo. Il est rusé, intelligent et débrouillard. Il met en place différents stratagèmes pour que ses idées arrivent à bien. Mais à travers son monologue (Acte V, scène 3), il apparaît comme un personnage hors norme et révolutionnaire, refusant les injustices des classes sociales, comme le montre sa célèbre phrase : « Qu’avez-vous fait pour tant de bien ? Vous vous être donné la peine de naître, et rien de plus. » Il peut cependant être surmonté par sa jalousie et son amour puisqu’il finit par croire que Suzanne le trompe avec le Comte.


Le Comte Almaviva est le grand Corrégidor d’Espagne. Il représente le pouvoir des nobles et des puissants seigneurs. Beaumarchais, dans sa préface, nous indique qu’il doit être joué « noblement ». Pourtant, il apparait comme un personnage ridicule car les valets se jouent de lui. Après Le Barbier de Séville où il joue le rôle du jeune amoureux, il délaisse maintenant sa femme Rosine et essaie d’obtenir les faveurs de la jeune Fanchette et surtout de Suzanne. Il va tenter de stopper le mariage entre cette dernière et Figaro, notamment en supprimant sa dot. Ce personnage représente la noblesse en décadence dans la société du XVIIIème siècle.


La Comtesse- appelée Rosine dans Le Barbier de Séville- est, quant à elle, un personnage ambigu. En effet, ce n’est plus l’ingénue rusée et amoureuse du Barbier de Séville, c’est une épouse délaissée qui va tout faire pour retrouver l’intérêt de son mari. Ainsi, elle va d’abord suivre les idées de Figaro. Cependant, elle va prendre ses propres initiatives et va échanger son rôle avec Suzanne dans le dernier acte. C’est un personnage combatif et habile, qui a aussi ses tentations à travers le personnage du jeune Chérubin, son filleul.


Alors qu’il représente un personnage très important dans Le Barbier de Séville, Bartholo joue dans le Mariage de Figaro, un rôle beaucoup plus secondaire. Toujours qualifié de «médecin de Séville », il va tenter, avec Marceline, de faire échouer le mariage de Figaro et Suzanne. De même, Bazile est le maître de clavecin de la comtesse. Il reste un personnage méprisable et qui déteste Figaro.


De nombreux autres personnages font leur première apparition dans Le Mariage de Figaro :

Suzanne est la première camariste de la Comtesse et fiancée de Figaro. C’est une jeune héroïne « adroite, spirituelle et rêveuse » qui apparaît comme le double féminin de Figaro. Elle représente le peuple mais manie bien le langage et n’hésite pas à recourir à des ruses pour aider sa maîtresse à reconquérir son mari.


Chérubin, comme son nom l’indique, est un jeune adolescent d’environ 16 ans qui découvre la vie et l’amour. Il a reçu une éducation aristocratique et sait donc bien manier les mots les armes et jouer de la musique. Il est le page (et donc serviteur) du Comte et le filleul de la Comtesse, qui a envers lui des élans maternels. Espiègle, naïf, intelligent, il connait ses premiers amours, avec Fanchette, Suzanne et la Comtesse. Retrouvé dans la chambre de Suzanne, il est renvoyé du château par le Comte mais Figaro lui conseille de rester. Fauteur de troubles, il apporte beaucoup de vivacité à l’intrigue.


Marceline est une femme plutôt âgée, amoureuse de Figaro, qui va tenter d’annuler son mariage avec Suzanne. Quelques temps auparavant, Figaro a emprunté de l’argent à Marceline. Pour être certaine qu’elle sera remboursée, Marceline a fait signer à Figaro une reconnaissance de dettes, dans laquelle il est stipulé que Figaro l’épousera s’il ne parvient pas à rembourser sa dette. C’est l’enjeu d’une partie de l’acte III, consacré au procès de Figaro. Mais par un hasard extraordinaire, Marceline se révèle être la mère de Figaro, et par conséquent ne peut pas l’épouser.


Fanchette et son père, le jardinier Antonio sont des personnages secondaires représentant le peuple. Fanchette est une jeune fille de 12 ans environ amoureuse de Chérubin tandis qu’Antonio sert de témoin puisque ses fleurs ont été abimées par quelqu’un qui a sauté de la fenêtre.


Enfin, le juge Brid’Oison ainsi que les personnages représentant la justice tels que l’Huissier, le greffier Double-Main apparaissent comme des personnages ridicules, en particulier grâce aux tics de langage du juge.


4. Résumé de l’histoire :

Le Mariage de Figaro est une pièce comportant un nombre d’intrigues importants. En effet, l’intrigue principale est simple : Figaro doit épouser Suzanne mais le Comte retarde ce moment car il veut séduire cette dernière. Cependant, il existe d’autres intrigues dites secondaires. Parmi elles, nous pouvons citer :

- Le mariage de Marceline avec Figaro ( le procès)

- La relation entre la Comtesse et Chérubin

- La Comtesse qui essaie de reconquérir son mari.


Nous allons donc résumer acte par acte la pièce.

Dans l’Acte I, nous retrouvons Figaro et Suzanne dans leur future chambre nuptiale. Celle-ci apprend à son fiancé que le Comte la convoite et qu’il a chargé Bazile des négociations. Figaro cherche alors un moyen pour que le Comte lui donne une dot, sans courtiser Suzanne. De plus, Marceline et Bartholo font leur apparition et sous-entendent que Figaro a fait la promesse d’épouser la vieille femme. Ensuite, Chérubin apparait, ému. Le Comte vient de le chasser du château après l’avoir découvert avec Fanchette. Il arrache à Suzanne le ruban de nuit de la Comtesse, qu’il courtise. Mais le Comte arrive pour faire ses avances à Suzanne. Terrifié, Chérubin se cache derrière un fauteuil et écoute attentivement. Lorsque Bazile toque à la porte, le Comte prend la place du page, et par un mouvement tournant, ce dernier se cache sous une robe. Le Comte sort de sa cachette lorsque Bazile fait allusion aux sentiments de la Comtesse envers Chérubin. En mimant sa découverte du page chez Fanchette, il tire sur la robe et découvre une nouvelle fois Chérubin. Cependant, une foule de paysans conduits par la Comtesse fait son apparition. Cette dernière demande la grâce du jeune page mais son mari décide l’envoyer à l’armée. Figaro glisse à Chérubin de rester au château.


L’Acte II a lieu dans la chambre du couple seigneurial. Suzanne y informe la Comtesse des actions de Chérubins et du Comte. Figaro vient exposer son plan : il a fait adresser au Comte un billet anonyme l’informant que son épouse doit rencontrer un galant le soir même. Quant à Suzanne, il faut qu’elle fixe un rendez-vous au Comte ; mais c’est Chérubin, déguisé, qui s’y rendra. Ainsi, le page doit être déguisé en femme. Il chante une romance à sa marraine et lui rend son ruban. Ils sont surpris par l’arrivée du Comte : Chérubin se cache dans les cabinets mais fait tomber une chaise. La comtesse prétend que c’est Suzanne mais son mari, jaloux, croit que c’est son amant. Il sort alors avec sa femme pour enfoncer la serrure et Suzanne en profite pour prendre la place de Chérubin, qui saute par la fenêtre. La comtesse avoue tout au Comte mais, stupeur, c’est Suzanne qui se trouve dans le cabinet. Il implore alors le pardon de sa femme. Mais Antonio arrive, un pot de giroflées écrasées à la main, et le billet que Chérubin a perdu dans sa chute. Figaro prétend que c’est lui qui a sauté de la fenêtre. Une foule envahit alors la scène : Marceline revendique ses droits sur Figaro ; Bazile est envoyé chercher des juges. La comtesse et Suzanne décident que ce sera Rosine, sous l’apparence de sa suivante qui ira au rendez-vous.


L’Acte III a lieu dans la salle du trône, servant de tribunal. Le comte convoque Figaro pour savoir s’il est au courant pour sa liaison avec Suzanne. Il décide de lui faire épouser Marceline. Cependant, Suzanne accepte le rendez-vous tant espéré, s’il empêche son fiancé d’épouser Marceline. Mais le Comte entend Suzanne parler avec Figaro, ce qui révèle le stratagème. Dans le même temps, Marceline explique son affaire au juge : Figaro avait signé un contrat de remboursement avec Marceline et joue sur les mots « et », « ou » et « où ». Le Comte donne son verdict : il condamne Figaro à rembourser entièrement ses dettes ou bien à épouser Marceline. C’est en se revendiquant d’ « enfant perdu », que Marceline découvre être la mère de Figaro et Bartholo son père. Figaro embrasse Marceline et Suzanne croit être trahie. Le malentendu est vite réglé et le comte enrage.


L’évènement majeur de l’Acte IV est le mariage entre Figaro et Suzanne qui a finalement lieu. Cependant, quelques temps avant, Figaro et Suzanne badinent sur leur amour et la comtesse décide par elle-même de donner un rendez-vous secret à son mari où elle se fera passer pour Suzanne. La cérémonie a finalement lieu. Mais Figaro aperçoit le comte avec un billet et Fanchette lui apprend sa provenance. Marceline essaie d’apaiser son fils, furieux.


L’Acte V se déroule dans une allée de marronniers à l’extérieur du château. Dans la nuit, Fanchette est à la recherche de Chérubin et Figaro essaie de retrouver sa nouvelle femme. Dans son monologue, il exprime sa rancœur et son dégoût. La Comtesse et Suzanne, qui ont échangé leurs habits, font leur apparition, puis Suzanne se retire. Chérubin, qui croit parler à Suzanne, lui fait la cour. Le comte apparait alors, et, par un jeu reposant sur les apartés, emmène la Comtesse (qu’il prend toujours pour Suzanne) avec lui. Figaro, sort de sa cachette et rencontre Suzanne, qui oublie de déguiser sa voix et révèle sa véritable identité. Le comte croit alors que Figaro courtise sa femme. Figaro est arrêté et Suzanne s’enfuit dans l’un des pavillons. Celui-ci se vide de tous ses occupants : d’abord Chérubin, puis Fanchette, Marceline et enfin Suzanne. La comtesse, elle, sort d’un autre pavillon, révélant la vérité. Cette dernière pardonne à son mari. La pièce finit en chanson.


5. Les thèmes principaux :

Nous pouvons distinguer trois thèmes principaux :

Tout d’abord, Beaumarchais réalise, dans cette comédie, une critique des classes sociales. Cette dernière s’exerce notamment à travers le personnage de Figaro, qui est un valet qui ose prendre la parole et se pose des questions. Ainsi, dans son célèbre monologue, il dénonce les privilèges : « Parce que vous [le comte] êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie ? » « Tandis que moi, morbleu ! Perdu dans la foule obscure, il m’a fallu déployer plus de science et de calculs ». De même, il juge que le comte abuse de son pouvoir sur ses valets. Beaumarchais est l’un de ces auteurs qui va contribuer à la Révolution française, qui aura lieu cinq ans après la publication de sa pièce.


L’un des autres thèmes du Mariage de Figaro, est l’amour, sous ses différentes formes. En effet, la relation entre Figaro et Suzanne semble être un amour simple et durable, entre gens du peuple. En revanche, le comte représente le libertin car il essaie de séduire des femmes beaucoup plus jeunes. Il délaisse donc sa femme, qui le pardonne à la fin de la pièce. Le personnage de Chérubin représente de jeune homme qui connait ses premiers amours et ne peux se contrôler : « je ne sais plus ce que je suis ; mais depuis quelque temps je sens ma poitrine agitée ; mon cœur palpite au seul aspect d’une femme […] »


Enfin, l’auteur réalise également une satire de la justice à travers le personnage du juge Brid’Oison. Celui-ci apparait comme un personnage ridicule, suite à ses bégaiements et autres défauts de langage. Beaumarchais se livre également à une véritable parodie de procès, puisqu’il y consacre plus de quatre scènes. Il dénonce le moyen de recrutement des juges ainsi que la corruption de la justice. En effet, le comte se sert de son jugement à des fins personnelles, puisqu’il condamne Figaro à épouser Marceline.


6. Jugement personnel :

J’ai lu Le mariage de Figaro puis ensuite regardé la représentation de la Comédie française qui date de 2013. Le fait de regarder une mise en scène permet de mieux comprendre les actions et déplacements des personnages, notamment dans les scènes où il y a beaucoup d’apartés.


Globalement, j’ai beaucoup apprécié cette pièce, qui est très riche en actions et en intrigues. Je trouve qu’il s’agit d’une pièce très vivante, avec de nombreux quiproquos et jeux de scène intéressants. J’ai beaucoup aimé le jeu des personnages cachés. Par exemple, dans la scène 8 de l’acte I, je trouve que le mouvement tournant entre Chérubin et le Comte est très ingénieux. De même, le stratagème imaginé par la comtesse et Suzanne lors du dénouement est très astucieux et la fin est bien imaginée.


Plus généralement, j’ai trouvé que les personnages de cette pièce sont bien écrits. Figaro est un personnage unique en son genre puisqu’il est insolent et en même temps très réaliste. Il y a des personnages de toutes classes sociales et de caractères totalement différents, ce qui permet de mieux s’y identifier.


Cependant, j’ai trouvé que certaines scènes auraient pu être raccourcies. Je pense notamment au procès de Figaro qui, je trouve, s’étire trop en longueur.

Pour conclure, j’ai beaucoup apprécié la lecture de cette pièce, en particulier grâce à l’accumulation des actions et des effets comiques. Je comprends maintenant pourquoi Le Mariage de Figaro a obtenu un tel succès à son époque.


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