Les Liaisons Dangereuses


Voici une fiche de lecture sur le roman Les liaisons dangereuses de Laclos, réalisé en 1ère en français. Note: 20/20


Les Liaisons Dangereuses, sous-titré Lettres recueillies dans une société et publiées pour l’instruction de quelques autres est un roman épistolaire écrit par Pierre Choderlos de Laclos en 1782.






Frise chronologique :




Temporalité et localité:

Les actions des Liaisons dangereuses se situent pendant le XVIIIème siècle en France. Chaque lettre est datée, ce qui nous donne de nombreux repères temporels. La première date du 3 août 17**. L’auteur a choisi de ne pas révéler l’année précise mais nous pouvons supposer que l’histoire se passe dans les années 1780. La dernière lettre date du 14 janvier de l’année suivante, soit une période d’environ six mois.


L’action a lieu dans deux endroits principaux : Paris et le château de Mme de Rosemonde à la campagne. Nous ne connaissons pas la localisation précise de ce dernier mais il se situe dans les alentours de Paris. Certains lieux précis sont pourtant donnés. Par exemple, le duel entre le vicomte et le chevalier Danceny a lieu à « La porte du bois de Vincennes, village de St Mandé » (lettre 162) et la présidente fait la quête dans « L’Église de Saint Roch » (lettre 5). Enfin, dans la lettre 175, Madame de Volanges dit que la marquise serait partie pour « la Hollande ».


Les personnages :

Ce roman se joue principalement entre sept personnages.

La Marquise de Merteuil est le personnage principal du roman. N’étant jamais allée au couvent, elle connait la libre-pensée du libertinage. Afin de se venger de son ancien amant Gercourt, elle devient la confidente de Cécile de Volanges et va essayer, avec son allié le Vicomte, de convertir Cécile et le Chevalier Danceny au libertinage. Orgueilleuse mais aussi extrêmement intelligente, elle se raconte dans sa lettre 81 au Vicomte où elle tombe le masque. Elle réussit à le manipuler et à l’obliger à rompre avec la Présidente. Elle réussit même à séduire le Chevalier Danceny. Trouvant les femmes faibles et les hommes indignes, elle séduit le pauvre Prévan à l’aide d’un double jeu et le fait tomber dans son propre piège. Toutefois, elle n’est pas sans faiblesses ni sentiments : l’amour qu’elle ressent malgré elle pour Valmont va causer sa chute.


Le Vicomte de Valmont représente le libertin des Liaisons. Hypocrite et manipulateur, il n’hésite pas à recourir à de vils moyens pour conquérir le cœur de la dévote Présidente de Tourvel. Ancien amant de la Marquise de Merteuil, il est aussi le neveu de Mme de Rosemonde, ce qui lui permet de séjourner dans sa maison de campagne. Son don pour le double jeu, la comédie et l’écriture ainsi que son physique qui ne peut être qu’avantageux, lui permettent finalement de séduire la Présidente. Mais peu à peu le séducteur se retrouve séduit ! En effet, lui qui avait juré de ne jamais ressentir de sentiments pour la femme conquise, se retrouve pris au piège. Il finit par conquérir le cœur de la jeune Cécile de Volanges, ce qui provoquera sa perte : il meurt en duel face au Chevalier Danceny. On peut comparer ce personnage au célèbre Dom Juan de Molière.


La Présidente de Tourvel est une des victimes de ce couple libertin. À 22 ans, mariée et sincèrement dévote, elle tente de ne pas céder aux avances du Vicomte de Valmont. Elle incarne les valeurs de l’idéal éthique et esthétique de l’époque, de par sa sensibilité et sa vertu. Mais elle ne peut résister à son amour et va entretenir une liaison avec lui. Elle finit par mourir en apprenant la mort du Vicomte.


Cécile de Volanges représente la naïveté et la gaucherie de la jeunesse. Sortie du couvent à 15 ans par sa mère pour se marier avec le comte de Gercourt, elle est pervertie par la marquise. Amoureuse du Chevalier Danceny, elle est vite découverte par sa mère qui va l’envoyer chez Mme de Rosemonde. C’est là-bas qu’elle va perdre sa virginité avec le Vicomte et qu’elle va faire une fausse couche. Elle se retire ensuite au couvent.


Le Chevalier Danceny fait partie de l’ordre les Chevaliers de Malte. Il est le maître de chant de Cécile dont il tombe amoureux. Influencé par le Vicomte, il essaie de rejoindre Cécile mais aucun plan n’aboutit. Il succombe au charme de la Marquise. Lorsqu’il apprend que son confident a abusé de son amante, il le provoque en duel et le tue. Il finit par rejoindre le siège de l’ordre à Malte.


Mme de Volanges est la mère de Cécile. Elle veut la marier au comte de Gercourt. Voyant sa fille amoureuse d’un autre, elle doute et demande conseil à la Marquise, qui va la manipuler. Elle fait partie des deux derniers personnages restants.


Mme de Rosemonde est un témoin de l’histoire. Âgée et confidente de la Présidente, c’est grâce à elle et sa maison que les différents personnages peuvent se rencontrer. À la fin de l’histoire, elle rassemble toutes les lettres.


Résumé de l’histoire :

Le roman s’ouvre sur une lettre de la Cécile de Volanges, qui vient de sortir du couvent pour être mariée par sa mère. Or le mari promis, Gercourt, est un ancien de Mme de Merteuil. Cette dernière décide de se venger en pervertissant Cécile. Le Chevalier Danceny s’éprend de Cécile. Pendant ce temps, Valmont est retenu chez sa tante Mme de Rosemonde, par la présence de la Présidente de Tourvel, qu’il essaie de séduire par l’intermédiaire de lettres. Cependant, Cécile demande à Danceny de ne plus lui écrire, et la Présidente fait la même demande à Valmont, ayant une mauvaise opinion de lui.


Dans la deuxième partie du roman, Mme de Volanges trouve les lettres échangées entre sa fille et Danceny. Mme de Merteuil la convainc de se rendre avec sa fille chez Mme de Rosemonde. Valmont peut ainsi séduire Mme de Tourvel tout en influençant Cécile. La marquise de Merteuil élabore un stratagème qui lui permet de perdre Prévan, un autre séducteur dont Valmont est jaloux.


Dans la troisième partie du roman, Valmont séduit facilement Cécile et obtient les faveurs de la Présidente, dont il tombe amoureux. Il essaie d’avoir une nuit d’amour avec son ancienne maitresse mais cette dernière refuse. Il élabore un stratagème pour revoir Mme de Tourvel, qui s’est exilée de l’homme qu’elle aime : il fait semblant de s’être converti religieusement et souhaite lui rendre ses lettres.


La quatrième partie s’ouvre sur la célèbre phrase de Valmont : " La voilà donc vaincue, cette femme superbe qui avait osé croire qu’elle pourrait me résister ! " Il exige donc sa nuit d’amour à son ancienne maitresse. Mais la Marquise la lui refuse, par jalousie : elle souhaite que Valmont rompe avec son amante. Valmont accepte et Mme de Tourvel sombre dans la folie. Mme de Merteuil brave Valmont, en se refusant à lui et couche avec Danceny. Les deux meneurs vont alors s’éliminer : Mme de Merteuil dévoile la vérité à Danceny, concernant Valmont et Cécile. Il provoque Valmont en duel, et le tue. La Présidente meurt en apprenant la mort de Valmont. Les lettres de la marquise de Merteuil sont rendues publiques. Sa réputation perdue, Cécile se retire au couvent et Danceny se fait Chevalier de Malte. La Marquise est publiquement démasquée. Atteinte de la petite vérole, elle se trouve défigurée. Des rumeurs disent qu’elle a fui en Hollande.


Le roman se finit sur la lettre de Mme de Volanges à Mme de Rosemonde : " Qui pourrait ne pas frémir en songeant aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ! "


Les thèmes principaux :

Nous pouvons distinguer deux thèmes principaux :


Le premier serait celui de la mauvaise foi du Vicomte et de la Marquise. En effet, les deux meneurs de jeu font preuve de plusieurs doubles jeux pour faire tomber à tour de rôle leurs victimes.

La marquise de Merteuil se cache derrière un masque qui la protège en société. Mais dans sa lettre 81 au vicomte, elle raconte la vérité et sa quête de supériorité : « Mais moi, qu’ai-je de commun avec ses femmes inconsidérées ? » Elle n’a aucun remords à mener Prévan dans son piège. Rancunière, elle veut se venger à tout prix de son ancien amant Gercourt, quitte à utiliser les plus vils moyens.

Le vicomte de Valmont veut séduire la belle Présidente. Pour lui, chaque conquête est celle d’un territoire. Et plus ce territoire est imprenable, plus l’honneur est grand. Il use tout d’abord dans ses lettres de mauvaise foi pour exprimer son amour : « Ah ! Par pitié, Madame, daignez calmer le trouble de mon âme ! »


Cependant, le vicomte est pris par un amour véritable pour la Présidente, ce qui en fait notre deuxième thème.

En effet, l’amour est omniprésent dans ce roman. Tout d’abord, Cécile et Danceny tombent éperdument amoureux l’un de l’autre, avant que les deux manipulateurs les corrompent mutuellement. La marquise de Merteuil, même si elle refuse de l’avouer, ressent toujours quelque chose pour son ancien amant et est jalouse de sa nouvelle conquête. Enfin, Valmont tombe amoureux de la Présidente : « J’étais moi-même, dans ce moment, amoureux et timide » malgré son libertinage. Mme de Tourvel, pervertie par les lettres du Vicomte, succombe à ses sentiments. Elle mourra de chagrin et d’amour.


Jugement personnel :

J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce roman, que j’ai découvert cet été.


Premièrement, le genre épistolaire rend la lecture facile et agréable. Les mêmes événements nous sont racontés par différents personnages, avec différents points de vue. Certains passages sont amusants, non pas par l’action mais pas la dérision que l’auteur a vis-à-vis de ses personnages. Par exemple, quand la marquise manipule Prévan et le conte dans sa lettre au vicomte et ensuite se considère comme une victime auprès de Mme de Volanges, est un passage assez cocasse.


De plus, l’intrigue est intéressante et riche en rebondissements. Les différentes relations entre les personnages sont complexes, ce qui rend l’histoire encore plus captivante. Nous nous attachons aux victimes qui ne peuvent rien faire face à la manipulation des deux libertins. En revanche, nous ne pouvons que saluer les pièges et manœuvres de la marquise et du vicomte. Le dénouement tragique est inattendu : aucun des personnages n’est épargné.


Cependant, la répétition des lettres d’amour du vicomte à la Présidente devient parfois ennuyeuse et la lecture moins attractive : le vicomte répète qu’il aime la Présidente, mais cette dernière refuse ses avances. Cette longueur ralentit la lecture et l’avancée dans le livre.

Malgré le fait que ce roman soit parfois un peu long, l’intrigue est originale et pleine de rebondissements. La forme épistolaire rend les relations entre les personnages encore plus intéressantes et complexes. Je pense que Laclos signe ici un chef d’œuvre de la littérature française.

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